La maison de la sagesse

دار الحكمة

Entre l’éveil et l’insouciance – Ibn al-Jawzi

Un homme qui écoute des exhortations peut bénéficier d’un éveil de sa conscience. Mais, en quittant les cercles d’évocation (d’Allah), la dureté du cœur et l’insouciance de la conscience reprennent le dessus sur lui. J’ai réfléchi au pourquoi de la chose, et j’ai fini par comprendre. (1)

Ensuite, j’ai vu les gens différer en cela. D’une manière générale, le cœur ne peut pas être dans une situation d’éveil, lors de l’écoute des sermons et après, et ce pour deux raisons :
La première est que les sermons sont comme des fouets. Or, les fouets ne provoquent pas la même douleur après leur utilisation, comme pendant leur utilisation.
La deuxième est que, durant l’écoute des sermons, l’homme a l’esprit serein, puisqu’il a renoncé – momentanément – par son corps et son esprit, à ce bas monde et il est présent par son coeur à ce sermon. Or, une fois revenu aux exigences de la vie, ce bas monde le happe de nouveau. Comment, dès lors, peut-il rester tel qu’il était ?
Cette situation est propre à tous les humains, sauf que les maîtres de l’éveil diffèrent entre eux dans la persistance de cette situation.
Il y a parmi eux, ceux qui restent fermes sans aucune hésitation et qui avancent sans se retourner car, si l’état dans lequel ils se trouvent s’arrête, ils se plaindront tout comme Handhala s’est plaint de sa propre personne en disant : « Handhala est devenu un hypocrite ! »
D’autres sont enclins, de par leur nature, à succomber, tantôt, à l’insouciance, et à agir, tantôt en écoutant les sermons. Ils sont comme des épis que les vents font pencher d’un côté puis de l’autre !
D’autres, par contre, ne subissent l’influence des sermons que le temps de leur écoute, le temps que l’on fait couler l’eau sur un rocher.

Note:

1: Il est rapporté dans les livres de la sunna que Handhala se plaignit de l’inconstance de son état spirituel, dans la mesure où lorsqu’il se trouvait en compagnie du Prophète c’est comme si des oiseaux se trouvaient sur sa tête, écoutant et assimilant ce qu’il lui enseignait, mais lorsqu’il le quittait pour vaquer à ses affaires quotidiennes, il se trouvait absorbé par les soucis des biens, des femmes et des enfants. Le Prophète lui dit alors : « Si vous pouviez rester dans l’état où vous vous trouvez en ma compagnie, les anges vous donneront des poignées de mains dans les rues. Mais une heure pour ceci et une heure pour cela ô Handhala ! ». L’auteur fait une brève allusion à ce récit.

Source: La pensée Intime de l’imam Ibn al-Jawzi

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