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La propagation de la doctrine malikite (Shaykh Mohammad Abou Zahra)

La  propagation de la doctrine malikite

Dans le kitab al-madarik, le qadi Iyyad présente les pays où s’est propagé la doctrine malikite : ‘La doctrine de Malik domina le Hijaz, Basra et l’Égypte, ainsi que les pays africains voisins, l’Andalousie, la Sicile et le Maghreb, jusqu’aux pays de l’Afrique noire jusqu’à maintenant. Elle apparut à Bagdad, pour s’y affaiblir au bout de 400 ans, apparut également au Nissapour où se trouvait d’ailleurs, des imams et des enseignants.’(1)

De fait, la doctrine malikite s’est propagée d’abord au Hijaz, ce qui est naturel, puisqu’elle y était née et avait été marquée par l’environnement de cette région. Cependant, elle perdit sa force à Médine pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’Ibn Sarhoun en devint le Qadi en 792, et la fit revivre dans cette ville.

Elle atteignit également l’Égypte du vivant de Malik, et la, les avis divergent sur celui qui fit le premier à la promouvoir, certains parlant de ‘Abd Rahman Ibn Al Qasim, d’autres, Ibn Farhoun dans Ad-dibaj, de Outhman Ibn al-Hakam al Jadhami (décédé en 163).

Quoi qu’il en soit, il semble que tous les deux soient apparus à peu près en même temps, propageant les fatwa de l’imam, et faisant ainsi de l’Égypte le second pays à adopter sa doctrine après le Hijaz. Il eu pou r disciples des noms comme ibn al-Qasim, Achhab, Ibn Wahb, Asbagh, et d’autres, qui se chargèrent de répandre la doctrine. Il suffit de penser que la Moudawwana, considéré comme le premier ouvrage regroupant les fatawa de Malik, a été publiée par Ibn al-Qasim, qui la transmit d’abord à Asab Ibn al-Firat, puis revue et arrangée, à Sahnoun.

La doctrine de malikite restera dominante en Égypte jusqu’à ach-Chafi’i, qui s’installa définitivement dans ce pays. Sa doctrine entra en concurrence avec celle de son maitre, auxquelles s’ajouta celle d’Abou Hanifa en matière de jugements. Puis Jawhar le sicilien arriva en Égypte, où il fonda Le Caire et la mosquée d’al Azhar pour l’étude de la doctrine chiite et sa propagation, la mettant en vigueur en matière de juridiction et d’ifta’.

Et lorsque les Ayyoubides succédèrent aux Fatimides, ils réhabilitèrent la doctrine chafiite, en lui attribuant le premier rang, tout en revivifiant la doctrine malikite et en construisant des écoles pour ses faqih. Et lorsque les quatre doctrines furent reconnues sous les Mamlouks bahrides en matière de juridiction, le qadi malikite occupait le second rang après le qadi chafiite.

La doctrine malikite continue à etre populaire en Égypte en matiere de culte, à egalité avec la chafiite, tandis que la hanafite dominait la juridiction, jusqu’aux derniers amendements touchant les waqfs, le legs et l’héritage : la doctrine malikite a alors refait son apparition, et a constituée la base des amendements aux loi 25 de 1920 et 25 de 1929, ainsi qu’aux lois sur l’héritage, sur les waqfs et les legs.

En Tunisie, c’est également la doctrine malikite qui a domine, puis Asad Ibn al-Firat introduisit le hanafisme un certain temps, jusqu’à ce qu’al-Moui’izz Ibn Badis fasse triompher à nouveau le malikisme dans ce pays et au Maghreb, après avoir constaté les divergences entre les adeptes des différentes doctrines, et du fait que la doctrine de Malik était plus répandue dans cette région, et ce jusqu’aujourd’hui.

Quant aux andalous, c’est la doctrine d’al-Awza’i, qu’ils adoptèrent d’abord, mais ils ne tardèrent pas à devenir malikites, après l’an 200 de l’hégire.

C’est alors que les disciples de Malik arrivèrent dans cette région qu’elles adoptèrent sa doctrine : Ziyad ibn ‘Abd ar-Rahman, al-Maghazi Ibn Qays, puis plus tard le conquérant Hicham Ibn Ab dar-Rahman.

Dans l’ouvrage Nafh af-tib, on apprend que le premier à propagé le malikisme en Andalousie fut Ziyad Ibn ‘Abd ar-Rahman, décédé en 193 de l’hégire : il était allé en pèlerinage à la tête d’un groupe d’hommes, durant le regne d’Hicham Ibn Ab dar-Rahman, et ils y rencontrèrent Malik. Et lorsqu’ils revinrent, ils décrivirent son rang élevé, au Hijaz ainsi que son niveau en science religieuse. C’est ainsi également  que Ziyad, surnommé Chabtoun, introduisit l’ouvrage Al Mouwatta’ dans sa région, dont hérita ensuite Yahiya Ibn Yahiya. Par ailleurs, un panégyrique de Malik en faveur du pouvoir ommeyyade était parvenu à ces derniers, à un moment où il n’était pas en très bon termes avec les Abbassides, et ils incitèrent les gens à étudier se science, peut etre pour gagner leur faveur, car ils l’estimaient, ou bien pour que Malik continu à en dire du bien.

Et la doctrine se renforca grace au pouvoir en place sour le regne dal-Hakam ibn Hicham, du fait de la position solide, de Yahya Ibn Yahya auprès de ce dernier et du crédit de son opinionm personne ne devenant qadi sans son agrément : c’est ainsi que le malikisme se propagea en matière de juridictionnelle, de meme qu’Abou Yousouf ayant contribué à propager la doctrine des Irakiens. A tel point qu’Ibn Hazm al-Andalousi affirma : ‘Deux doctrines se sont propagées au début grace au pouvoir en place : le hanafisme en orient et le malikisme en Andalousie. Et ce dernier eut le meme destin au Maghreb.’

Puis, lorsque fut fondée la dynastie des Bani Tachfin (Almoravides) au Maroc au Ve siècle, l’influence de la doctrine augmenta, gagnant l’autorité qu’elle avait eu en Andalousie, et meme plus encore, du fait de l’absence de faste et du serieux de ses habitant et de leurs rois, qui honorerent de plus en plus les faqih. Certains meme ne tranchaient un problème politique qu’après avoir consulté ces derniers, et obligeaient les qadi à ne statuer sur une question qu’en présence de 4 faqih. Les fiqh malikite n’en acquit que plus de gloire, et des chapitres sur la gestion du pouvoir y furent  également introduits. Et lorsque la dynastie des Bani ‘Abd Al-Mou’min (Almohades) succéda à celle des Bani Tachfin, ils ne conçurent pas pour le malikisme la meme synpathie, mais furent cependant contraints au début de leur règne à ne pas la remettre en cause. Et lorsque leur pouvoir s’affermit l’un de leurs rois, Ya’qoub Ibn Yousouf Ibn ‘Abd al-Mou’minm finit par s’en écarter, et adopta la doctrine des Zahirites. Puis il nomma des chafiites à la magistrature, et ordonna que les ouvrages malikites soient brulés, et que soient regroupés les livres de hadith, dont al-Mouwatta’, en incitant les gens à les mémoriser et à appliquer leurs prescriptions, pensant ainsi que l’étude des cas subsidiaires éloignerait des sources de la religion originelle.

Mais la doctrine malikite sortit renforcée de cette épreuve, retrouvant son rang initial à la suite du décès de ce roi, et elle demeura ainsi jusqu’à aujourd’hui.

(1)   : Section 1 de la première partie des Madarik p. 57

source : L’imam Malik, sa vie et son époque, ses opinions et son fiqh par  Mohammad Abou Zahra

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