La maison de la sagesse

دار الحكمة

Salam (taslim) et Bismillah dans l’école malikite (Shaykh Hamza Maqbul)

Questions:

Est-ce vrai que selon l’école malikite, le fidèle prononce un seul  ‘salam’ (taslim) à la fin de sa prière lorsqu’il prit seul, en disant, “as-salamu ` alaykum” ?

S’il en est ainsi, quel est le raisonnement derrière cette pratique ?

Aussi, doit on prononcer le “bismillah” et le « ista’aadha » (1)  avant la récitation de la sourate  fatihah, dans toutes les raka’at ou seulement dans la première ?

Réponse de Shaykh Hamza Maqbul :

بسم الله الرحمن الرحيم

الحمد لله و الصلاة و السلام على س يدنا محمد و على اله و صحبه و سلم

C’est vrai que l’avis de l’imam Malik était de finir la prière avec un salam, en disant “as-salamu ` alaykum.”  Cela a été mentionné par l’Imam Ibn Abi Zayd Al-Qayrawani ( mort en 998 , 389 H) dans son célèbre ouvrage ‘Risalah’ (2) (voir photo de l’ouvrage en bas de l’article). Ça aussi été attribué à l’Imam Malik par beaucoup d’autres narrations; comme celle de l’imam Hattab (mort en 1547, 954 H), le grand Shaykh des Malikis à Makkah, « qu’Allah lui soit miséricordieux », dans  Mawahib Al-Jalil son célèbre commentaire du Mukhtasar du Shaykh Khalil ( mort en 1374 , 776 H) (3) :

“L’auteur (c’est-à-dire Shaykh Khalil) n’a pas explicitement mentionné la règle de l’Imam priant en congrégation et celui qui prie seul, mais il est clair que ces paroles prouvent qu’aucun d’entre eux ne devraient prononcer plus qu’un salam car en effet, c’est le verdict agréé (mashhur) de notre école.

Shaykh Khalil dit dans son livre Al-Tawdhih : “l’imam Malik a dit : Prononcer un salam est le ` amal (la coutume) des gens de Médine à l’époque des sahabah et des tabi `un « qu’Allah soit miséricordieux avec eux ». Cela a été relaté dans ce récit rapporté par Ibn Yunus. En effet le Messager d’Allah, « que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui » aussi bien qu’Abu Bakr, ‘Umar’, Uthman et d’autre, prononcaient un salam.

L’imam Malik a exposé cet avis dans la Mudawwanah : “comme une personne entre dans la prière avec seul un takbir, il doit donc en sortir avec un seul salam.”

L’imam Hattab dit plus tard dans Mawahib Al-Jalil :

“Imam Sanad (mort en 1146, 541 H) a dit dans Al-Tirraz, “l’Imam Malik a utilisé comme preuve, la coutume des gens de Médine (c’est-à-dire les sahabah et tabi ‘un) : ceci est pour lui la preuve la plus forte. En vérité, la prière a été légiférée pour tout le monde et exigée pour tous les serviteurs  d’Allah. C’est pour cette raison, que rien ne peut être légiféré sauf par quelque chose de bien connu, qui fait référence aux coutumes authentiques. De telles coutumes existent comme celle des gens de Médine, qui est née lors de l’hijrah (immigration de La Mecque vers Médine), c’est à cette période que la shari`a (lois divines) prit racine et par la suite, ce fut toujours à Médine, que l’âme du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) fut prise. Après lui, les califes bien guidés établir cette règle dans la prière en groupe exactement comme cela a été établie le jour ou le Prophète quitta ce bas monde et cela fut reproduit dans la coutume des gens postérieurs (tabi `nu) car nous savons qu’elle a toujours été liée avec celle de leurs prédécesseurs (sahabah).”

Quant à la formulation du salam comme étant “a-salamu ` alaykum’ ceci est mentionné explicitement par l’Imam Malik dans Al-Mudawwanah Al-Kubra (4), la collection  bien connue de ses fatwas, dans le chapitre de l’entrée dans la prière :

“Ibn Al-Qasim rapporte que l’Imam Malik a dit,” Aucun salam de la prière n’est suffisant, si ce n’est le fait de dire “as-salamu ` alaykum’ et aucune  façon d’entrer dans la prière n’est suffisante, sauf par le fait de dire ” Allah Akbar”.

Ceci est confirmé par le fait que dans les collections de hadith, on ne peut pas trouver un exemple du messager d’Allah, « Que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui », entrant ou quittant la prière d’une autre  façon que celle mentionné ci-dessus. Notez, cependant, que si on prie derrière celui qui dit “as-salamu ` alaykum wa rahmatullah,” ceci n’invalide pas la prière, car la condition exigé de dire “as-salamu ` alaykum” a été respectée; c’est simplement un ajout non conforme avec le ` amal des gens de Médine décrit par l’Imam Sanad ci-dessus.

Pour répondre à l’autre question, quant au fait de prononcer la formule pour chercher refuge auprès d’Allah, ou la bismillah, ou tout autre invocation dans la première rak’ah (unité) de la prière, avant la fatihah, nous allons encore citer Al-Mudawwanah Al-Kubra :

“(Ibn Al-Qasim) a dit que l’Imam Malik n’a pas soutenu l’avis des personnes utilisant l’invocation « subhanak Allahumma wa bi-hamdika wa ta ` ala jadduka wa ilaha la ghayruka », avant la fatiha, qui selon lui n’était pas une pratique établie. Ibn Wahb rapporte de Sufyan Ibn ` Uyaynah, de Qatadah, d’Ayyub Ibn Di ` amah de Malik Ibn Anas, que le Messager d’Allah, « que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui », Abu Bakr, ` Umar et ` Uthman commençaient la prière en récitant immédiatement « alhamdu lillahi rabbil-` alamin ».

Ibn Al-Qasim rajoute plus loin, que l’Imam Malik a dit, que celui qui prie en groupe, tout seul, ou même l’Imam, ne devraient pas prononcer l’invocation « saysubhanak Allahumma wa bi-hamdika wa ta ` ala jadduka wa ilaha la ghayruka ». Ils devraient plutôt prononcer le takbir (Allah ouakbar) et commencer immédiatement à réciter la sourate fatiha. “

Ceci est complété par le hadith dans le Sahih de l’imam Bukhari :

“Hafs Ibn ` Umar nous rapporte de Shu ` bah, de Qatadah, d’Anas que le messager d’Allah, « que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui », Abu Bakr et ` Umar, avaient l’habitude de commencer leurs prières en récitant la fatihah.”

Et l’Allah est le plus savant.

Notes :

1 .Il s’agit de la parole  pour chercher protection auprès d’Allah contre Shaytan : a’udhu billahi min ash shaytanir rajim

2. Ouvrage traduit en français sous le nom de “La lettre de Kairouan” (Pour plus d’info cliquez sur la photo du livre disponible ci-dessous)

3. Biographie : http://www.at-tawhid.net/article-khalil-ibn-ishaq-al-jundi-m-767-108236985.html

4. La Mudawanna (Al-kubrâ), est la première référence de notre école Malikite : c’est un recueil énorme regroupant tous les avis juridiques de l’Imam Mâlik ( et ses maîtres ) qu’a compilé son élève Sahnûn Ibn Saïd At-tanûkhî.
Abou Saïd Sahnoun Ibn Saïd Ibn Habib Ibn Rabia AL TANOUKHI Imam SOUHNOUN-Né à Kairouan en 777 (160 H). En 804 il se rendit pour trois ans en orient parfaire ses connaissances. De retour à Kairouan il s’implique à répandre la doctrine de l’imam Malek dans tout l’occident musulman. Son oeuvre maîtresse ‘la moudawana’ y contribua largement Nommé Cadi (Juge) de Kairouan en 849 (234 H) il occupa cette charge jusqu’à sa mort en 855 (240 H).  ( source : http://www.doctrine-malikite.fr/forum/Mudawwana_m37761.html)

Voici quelques livre français sur la jurisprudence malékite:

Pour avoir plus d’informations cliquez sur les images ci-dessous

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