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Un ancien membre de gang de rue converti à l’islam en prison retrouve la liberté !

La vie de jeune homme libre d’André Wiley a brusquement prit fin durant une nuit de l’année 1989, lorsqu’il a tiré une rafale de balles dans un restaurant ‘fast food’, tuant un homme et blessant plusieurs autres personnes, parce que leurs vêtements étaient de la même couleur que ceux des gangsters rivaux.

23 ans plus tard, Wiley est un homme différent. Âgé de 42 ans, il s’appelle maintenant Yusuf Wiley. Profondément attaché à sa nouvelle religion, sa mission consiste dorénavant à aider les personnes en difficulté en Californie, musulmans ou non, en leur enseignant les sciences de la purification du cœur.

Des milliers de prisonniers en Californie, pour la plupart afro-américains, se convertissent à l’islam derrière les barreaux, mais peinent à trouver leur place dans la société quand ils sortent de prison.

Wiley est une exception. Beaucoup de ceux qui le connaissent espèrent qu’il sera acteur de l’amélioration des conditions de réhabilitation des prisonniers, qui sont plus que médiocres. En effet, en Californie, 65 % des personnes qui quittent la prison y retournent dans les 3 années qui suivent leur libération.

Voici le documentaire sous-titré en français qui retrace l’histoire de Yusuf :

Depuis plus d’une décennie, Wiley est une personne clé car il propage un enseignement profond de l’Islam à travers les 33 prisons de l’état de Californie. En prison, sa dévotion religieuse alimentait son activisme, mais Wiley explique aussi que sa motivation était aussi due au fait qu’il recevait un traitement thérapeutique, une aide pour son orientation et des petites bourses qui étaient offertes aux prisonniers.

Wiley dit : ‘Les résidents de la prison sont à l’origine des programmes et du traitement thérapeutique’. ‘Nous étions un groupe d’entraide. »

Deux semaines après sa sortie, l’homme, qui avait appris des versets du Coran dans sa cellule de prison, contacte déjà les mosquées de la Bay Area pour mettre en place des classes d’enseignement.

Selon Shaykh Rami Nsour, si Wiley devait devenir imam dans une mosquée, « je le classerai dans le top des imams aux États-Unis’. Shaykh Rami dirige la ‘Tayba Foundation’, un institut d’enseignement religieux qui a encouragé Wiley à venir s’installer dans la Bay Area, dès sa sortie.

« L’éducation religieuse qu’il a reçu est très vaste, » dit Nsour. « Il n’est pas juste étudiant. Il pourrait facilement être imam, et diriger une congrégation. »

La transformation de Wiley a commencé après avoir gagné un rude combat en 1993, lorsqu’il fut pendant neuf mois en isolement carcéral, dans une cellule sans fenêtre et de haute sécurité. Désespéré, seul et toujours affilié à son gang, c’est en lisant le livre Almanach qu’il tomba sur un passage présentant l’Islam.

« J’ai embrassé l’Islam sans chercher à comprendre ! » dit-il.

Wiley fut d’abord attiré par la discipline religieuse et aussi après avoir découvert que ses ancêtres africains de l’ère pré-esclavagiste étaient probablement musulmans, mais il fit également des recherches à travers les écritures saintes de l’Islam.

Avec cette nouvelle religion, il trouva la science de l’« ihsan » – que les musulmans traduisent par vertu – et les enseignements pour réaliser son examen de conscience avec lequel le fidèle se purifie des maux psychologiques.

« Il s’agit de reconnaître que notre cœur est malade à cause de l’envie, l’arrogance, la haine, » dit Wiley. « Et l’Islam vous montre comment vous débarrasser de ces maladies. »

Nsour dit qu’un tel repentir pour les musulmans, exige un engagement plus profond que la pratique de base, comme prier cinq fois par jour, jeûner ou pratiquer quelques autres actes d’adoration.

« Il faut avoir une pratique plus profonde – c’est à ce moment-là que le changement de notre être commence, » dit Nsour. Et c’est ce que Wiley a fait et enseigne.

Libre après avoir passé deux décennies derrière les barreaux, Wiley s’engage à aider tout le monde. Les étrangers se précipitent vers lui, lui demandant de l’argent – qu’il donne – ou d’emprunter son téléphone portable, qu’il offre volontiers. Les personnes cherchant à quitter la criminalité et l’incarcération, voient en lui un modèle.

En décembre, Howard Moseley, le commissaire de la remise en liberté conditionnelle en Californie s’adresse à Wiley lors de sa dernière comparution.

« Il est clair, que vous avez progressé dans votre vie car il fut un temps où les remords étaient sortis de vos pensées »

« Il est flagrant que la phase de votre transformation a commencé dès que vous avez adopté votre nouvelle religion. »

Wiley est sorti de la prison d’Avenal le 24 mai, escortée par les officiers de prison, qui l’ont conduit à 200 miles de l’East Bay.

« Il n’y a aucun mot pour exprimer ce que je ressens. Il n’y a vraiment aucun mot pour cela, » dit-il tout en marchant sur le terrain de Hayward de l’institut Tayba Foundation, lors sa première heure de liberté, après avoir embrassé ses vieux amis qui avaient attendu son arrivée.

Beaucoup de ces amis, musulmans et nouveaux convertis qui ont quitté la prison avant lui, ont rencontré beaucoup de succès dans leur vie professionnelle et dans leur mariage.

Wiley a recommencé à apprécier la vie américaine qui lui avait tant manqué.

«Il s’agit d’un ordinateur portable, hein? » demande Wiley à un ami présent dans le bureau de Tayba, où il travaille maintenant et prévoit d’étendre sa stratégie pour guider et aider les détenus qu’il a laissé en prison.

C’est grâce à Wiley que l’ancien détenu Malik Williams a commencé sa rééducation qui l’a aidé à sortir de prison.

« Il est très humble, très pieux. Des centaines de personnes sont venues le voir », a déclaré Williams.

Dès que Williams a entendu parler de la libération de Wiley, il lui a rendu visite lors de la prière du vendredi à Oakland. Un autre ancien détenu a même conduit sa famille à Los Angeles pour l’occasion.

Le changement de Wiley est un soulagement pour Sampson et Betty Wiley, ses parents, dont les vies furent brisées plusieurs années auparavant lors du crime de leur fils. Marié depuis 59 ans et membres de l’église de leur quartier depuis les années 50, le couple a pris un certain temps pour s’adapter à sa conversion à l’Islam. Ils continuent d’ailleurs à l’appeler André, et non Yusuf.

« En tant que membre de l’Église de Jésus-Christ, je n’ai pas aimé ça, mais si c’est sa façon de s’exprimer, si ça fait de lui un meilleur citoyen de notre pays, si ça le rend juste, je ne peux qu’être tolérant », dit Sampson Wiley. « Je l’aime toujours. »

Yusuf Wiley dit que ses parents ont fait de leur mieux pour l’élever, mais contrairement à ses frères et sœurs plus âgés, il a été rattrapé par la violence des gangs des années 80, omniprésente dans son quartier de South Central à Los Angeles.

« Il a commencé à vivre deux vies », a déclaré Sampson Wiley. « Il allait à l’église tous les dimanches avec moi. Aussitôt dehors, il replongeait dans sa vie de gangster. »

Wiley a plaidé coupable pour assassinat, dans le meurtre de type ‘drive-by shooting’, et un juge l’a condamné à 16 ans de prison.

Il était devenu admissible à une libération conditionnelle en 2001, mais ses demandes furent rejetées tous les deux ans. La Commission des libérations conditionnelles a finalement accepté son appel lors de son cinquième essai.

La prison d’Avenal lui avait donné permission de mettre en place un réseau d’entraide, nommé ‘Timeless Group’, ayant pour but de transmettre un message de paix. Aujourd’hui encore, ce groupe se réunit toutes les semaines.

« Le repentir est la clé de tout changement, » déclare Wileys. « Je savais que je devais me repentir, demander pardon. Toute personne avec laquelle j’ai eu des conflits, qu’elle soit du gang des Crips ou même d’un groupe rival, je lui présente mes excuses, dites-leur que ce n’est plus mon style de vie ».

Wiley a présenté ses excuses à la famille de sa victime et dit qu’il est le seul à blâmer dans cette affaire.

Il voulait aller vivre dans la Bay Area au lieu de Los Angeles en raison de la dynamique de la communauté musulmane, dont il fait partie depuis les années 1990 et aussi pour éviter les gangsters encore très présents dans les alentours de la maison de ses parents.

Il a commencé à étudier la religion, en écoutant les conférences enregistrées de Shaykh Hamza Yusuf, un musulman converti d’origine américaine qui, en 1996 co-fonda l’institut Zaytuna, ayant l’ambition de devenir l’université d’Hayward pour les savants musulmans. Depuis plusieurs années l’institut n’a cessé de grandir et est devenu une université religieuse à Berkeley.

Lorsqu’il était en prison, Wiley a écrit à des cheikhs influents dans la communauté, mais n’a obtenu aucune réponse. Des années plus tard, après avoir étudié la jurisprudence islamique d’une façon plus approfondie, il a commencé à se questionner sur les règles du fiqh, concernant les codes de conduite applicables à la vie carcérale.

« Cela a attiré son attention, » déclare Wiley. « C’est quand ils ont commencé à m’envoyer des petits livrets. »

Il y a dix ans, Rami Nsour a commencé à enseigner l’Islam à Wiley par des lettres et via des appels téléphoniques.

« J’ai vu qu’il était très, très motivé », déclare Nsour. « Quels que soient les textes que je lui envoyé, il les a dévorés, et a posé des questions précises. Nous avons eu des conférences téléphoniques. Pendant plusieurs années, ca se passait trois fois par semaine. »

Wiley enseignait à son tour à ses codétenus. Nsour affirme que Wiley peut devenir un imam influent dans une mosquée mais sait aussi « qu’il veut servir sa grande communauté. »

Wiley explique qu’en Californie, des dizaines de milliers de prisonniers et de jeunes livrés à eux même peuvent trouver une meilleure façon de vivre.

Wiley dit : « Les gens pensent qu’ils ne sont pas capables de changer, jusqu’à ce qu’ils voient quelqu’un comme moi qui a vécu ce qu’ils vivent, et venant du monde des gangs, ».

« Ils y voient de l’espoir – et c’est ce qui est nécessaire pour qu’ils commencent à changer de vie. »

Après avoir passé près de deux décennies en prison, André “Yusuf” Wiley savour l’odeur d’un séquoia après son arrivée à l’institut Tayba Foundation à Hayward, en Californie.

Yusuf prie pour la première fois depuis qu’il est sorti de prison.

Yusuf au centre prie en groupe ( le frère prit en sadl car il est malékite 😉 )

Yusuf voit pour la première fois un iphone en compagnie de Shaykh Rami Nsour.

Yusuf en compagnie de son professeur, Shaykh Rami Nsour.

Yusuf lorsqu’il avait 16 ans.

Yusuf durant son adolescence.

Yusuf, 19 ans avec son fils et sa nièce.

Cette photo a été prise en prison, en 1993, juste au début de sa conversion à l’Islam.

Yusuf regarde l’ordinateur dans son bureau.

Première séance de shopping depuis sa libération.

Premier passage dans le métro depuis sa libération.

source : ‘Prisoner finds Island and freedom’ publié par le journal Mercury News

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